top of page
Rechercher

La Déclaration Attestant l'Achèvement et la Conformité des Travaux (DAACT) : Suivez le guide

  • Photo du rédacteur: Adrien Carlier
    Adrien Carlier
  • 18 mai 2020
  • 8 min de lecture

L'achèvement d'un chantier ne se limite pas à la pose de la dernière tuile ou au dernier coup de pinceau. Pour que votre projet soit juridiquement clos et valorisé, la Déclaration Attestant l'Achèvement et la Conformité des Travaux (DAACT) est l'étape administrative ultime et cruciale. Trop souvent négligée, elle constitue pourtant votre "assurance vie" immobilière face à l'administration et aux futurs acquéreurs. En tant qu'architecte, je vous accompagne pour transformer cette contrainte en une formalité sereine.



Formulaire de Déclaration Attestant l'Achèvement et la Conformité des Travaux (DAACT)

La DAACT : une obligation légale


La DAACT n'est pas une option, mais une obligation légale dès lors que vos travaux ont fait l'objet d'une autorisation d'urbanisme préalable. Que vous soyez un particulier ayant déposé une Déclaration Préalable (DP) pour une clôture ou une extension, ou un professionnel ayant obtenu un Permis de Construire (PC) ou un Permis d'Aménager (PA), cette formalité est requise. Elle concerne aussi bien les constructions neuves que les rénovations modifiant l'aspect extérieur ou créant de la surface de plancher. Ne pas la produire, c'est s'exposer à une absence de certificat de conformité, ce qui peut bloquer une vente immobilière future ou l'obtention de garanties d'assurance.

  • Points clés à contrôler :

    • Nature de l'autorisation initiale (PC, PA ou DP).

    • Effectivité de l'achèvement total des travaux (le chantier doit être fini).

    • Cas particuliers : les travaux par tranches autorisés par le permis.

  • Risques :

    • Impossibilité de prouver la légalité de la construction.

    • Sanctions pénales en cas de contrôle a posteriori (L480-4 du Code de l'urbanisme).


Quelles sont les informations nécessaires à la DAACT ?


Pour constituer votre dossier de déclaration, vous devez vous munir des références précises de votre dossier d'urbanisme initial. Il faudra indiquer le numéro de l'autorisation (ex: PC 062...), la date de délivrance, ainsi que l'identité complète du ou des bénéficiaires. Une information capitale réside dans la surface de plancher réellement créée : si celle-ci diffère de ce qui était prévu, une régularisation peut être nécessaire avant le dépôt. Enfin, la date exacte d'achèvement des travaux doit être mentionnée, car elle déclenche les délais de récolement de la mairie.

  • Points clés à contrôler :

    • Exactitude du numéro de dossier d'urbanisme.

    • Calcul final des surfaces (Surface de Plancher et Emprise au sol).

    • Identité des signataires (propriétaire ou mandataire).

  • Risques :

    • Rejet du formulaire pour informations erronées.

    • Incohérence entre les surfaces déclarées et le permis initial.


Comment remplir et structurer votre déclaration ?


Le remplissage s'effectue via le formulaire Cerfa n°13408*06. Au-delà de l'aspect administratif, la DAACT doit être accompagnée d'attestations spécifiques si votre projet y était soumis. Il s'agit notamment de l'attestation de prise en compte de la réglementation thermique (RE2020), de l'attestation d'accessibilité aux personnes handicapées ou encore de l'attestation de respect des normes parasismiques ou acoustiques. Ces documents doivent être établis par des professionnels qualifiés (contrôleur technique, architecte, diagnostiqueur agréé) et annexés impérativement au formulaire de base pour que le dossier soit considéré comme complet.

  • Points clés à contrôler :

    • Utilisation de la version à jour du formulaire Cerfa.

    • Présence des attestations techniques obligatoires (Thermique, Accessibilité...).

    • Signature manuscrite ou électronique certifiée.

  • Risques :

    • Dossier incomplet suspendant le délai de contestation de la mairie.

    • Refus de prise en compte par les services instructeurs.


Pourquoi la DAACT est-elle indispensable pour votre patrimoine ?


La DAACT est le document qui "officialise" l'existence légale de votre bâtiment. Elle est indispensable pour la mise en jeu des assurances, notamment la Dommages-Ouvrage, et marque le point de départ de certaines garanties comme la responsabilité décennale. Sur le plan fiscal, elle permet d'actualiser la valeur locative de votre bien auprès du cadastre. Pour un professionnel, c'est un gage de sérieux et une condition sine qua non pour la clôture des financements bancaires. Sans DAACT, le notaire pourra refuser de valider la vente de votre bien ou appliquera une décote importante.

  • Points clés à contrôler :

    • Transmission d'une copie à votre assureur "Dommages-Ouvrage".

    • Mise à jour de votre déclaration foncière (formulaire H1 ou H2).

    • Conservation de l'accusé de réception pour vos archives notariales.

  • Risques :

    • Nullité de la vente ou clause de non-garantie des vices cachés activée.

    • Difficultés de revente ou de transmission successorale.


Quand et comment procéder au dépôt ?


Le dépôt doit intervenir immédiatement après l'achèvement des travaux. La notion d'achèvement s'entend dès que l'ouvrage est "habitable" ou utilisable conformément à sa destination, même si des finitions mineures (peinture intérieure, par exemple) restent à faire. Le dépôt peut se faire de deux manières : soit par pli recommandé avec accusé de réception, soit par dépôt direct en mairie contre décharge. Depuis 2022, la plupart des communes permettent (et encouragent) le dépôt par voie électronique via un portail dédié (SVE), ce qui accélère le processus et offre une preuve de dépôt infalsifiable.

  • Points clés à contrôler :

    • Délai de dépôt (conseillé sous 30 jours après la fin de chantier).

    • Vérification de la plateforme numérique de la commune.

    • Nombre d'exemplaires en cas de dépôt papier (généralement 3).

  • Risques :

    • Perte du pli si envoyé en courrier simple (à proscrire).

    • Retard de traitement impactant les délais de prescription.


Qui est responsable de la signature et du dépôt ?


C'est au bénéficiaire de l'autorisation d'urbanisme (le maître d'ouvrage) qu'incombe la responsabilité légale du dépôt de la DAACT. Cependant, dans le cadre d'un contrat avec un architecte, ce dernier peut être mandaté pour préparer le dossier et vérifier la conformité avant signature. Il est crucial de noter que le signataire engage sa responsabilité sur la véracité des faits : déclarer des travaux conformes alors qu'ils ne respectent pas les plans du permis de construire constitue un faux en écriture publique, passible de lourdes amendes. L'architecte joue ici un rôle de garde-fou technique essentiel.

  • Points clés à contrôler :

    • Mandat clair si un tiers dépose pour vous.

    • Vérification de la conformité réelle avant de signer.

    • Co-signature éventuelle si le permis est au nom de plusieurs personnes.

  • Risques :

    • Responsabilité civile et pénale du signataire en cas de fausse déclaration.

    • Conflit avec l'administration en cas de contrôle de terrain.


Où et à qui transmettre votre déclaration ?


La déclaration doit être adressée à la mairie de la commune où se situe le projet. Plus spécifiquement, c'est le service de l'urbanisme qui réceptionne le document. L'administration dispose alors d'un droit de visite et de contrôle, appelé "droit de récolement", pour vérifier sur place que les travaux correspondent point par point à l'autorisation accordée (implantation, hauteurs, matériaux, ouvertures).

  • Points clés à contrôler :

    • Adresse exacte du service urbanisme.

    • Horaires d'ouverture pour un dépôt physique.

    • Récupération systématique du récépissé de dépôt daté.

  • Risques :

    • Envoi au mauvais service (ex: préfecture) rendant la demande caduque.

    • Absence de preuve de réception bloquant le calcul des délais.


Attendre la réponse : le délai de récolement


Une fois la DAACT déposée, l'administration dispose d'un délai de 3 mois pour contester la conformité des travaux (ce délai est porté à 5 mois si votre projet est situé dans un secteur sauvegardé ou aux abords d'un monument historique). Durant cette période, la mairie peut mandater un agent pour visiter les lieux. Si aucune contestation n'est notifiée dans ce délai, les travaux sont considérés comme conformes par défaut. C'est ce qu'on appelle la "conformité tacite". Il est toutefois fortement conseillé de solliciter un document écrit pour une sécurité juridique totale.

  • Points clés à contrôler :

    • Calcul de la date de fin du délai (Dépôt + 3 ou 5 mois).

    • Réception d'un éventuel courrier de mise en demeure.

    • Accessibilité du chantier pour les agents de la mairie.

  • Risques :

    • Mise en demeure de mise en conformité ou de démolition.

    • Suspension du délai si des pièces complémentaires sont demandées.


Obtenir l'attestation de non-contestation


Le Graal administratif est l'attestation de non-contestation de la conformité. Si la mairie ne s'est pas manifestée dans les délais impartis (3 ou 5 mois), elle est tenue de vous délivrer ce document sur simple demande écrite. Cette attestation est la preuve irréfutable que votre construction est parfaitement régulière. Elle sera exigée par votre notaire lors de la vente du bien ou par votre banquier pour débloquer les dernières retenues de garantie. En tant qu'architecte, je conseille toujours à mes clients d'effectuer cette démarche de relance pour clôturer définitivement leur dossier.

  • Points clés à contrôler :

    • Rédaction d'un courrier de demande d'attestation en LRAR après le délai.

    • Vérification que l'attestation mentionne bien le numéro de permis original.

    • Archivage numérique et physique du document.

  • Risques :

    • Inertie administrative laissant planer un doute sur la conformité.

    • Blocage de dernière minute lors d'une transaction immobilière.


DAACT et Assurance Décennale


La DAACT joue un rôle moteur dans le déclenchement des assurances. Pour l'assurance Dommages-Ouvrage (DO) et la Garantie Décennale, la date de réception des travaux (entre vous et l'entreprise) et la DAACT (entre vous et la mairie) sont les points de départ des garanties de 10 ans. En cas de sinistre majeur, votre assureur vérifiera systématiquement si la conformité administrative a été validée. Si les travaux réalisés ne sont pas conformes au permis déposé, l'assureur pourrait tenter de limiter sa garantie en invoquant une faute du maître d'ouvrage. La DAACT est donc la clé de voûte de votre protection financière à long terme.

  • Points clés à contrôler : Correspondance entre la date de DAACT et le procès-verbal de réception, notification à l'assureur.

  • Risques : Refus de prise en charge par l'assurance, caducité de la garantie décennale en cas de non-conformité majeure.


Conclusion : La valeur ajoutée de l'architecte


La DAACT n'est pas qu'une simple case à cocher ; c'est le sceau final de la valeur de votre investissement. L'intervention d'un architecte dans cette phase de "clôture administrative" vous garantit une analyse de cohérence technique sans faille. Mon rôle est de m'assurer que ce qui a été bâti correspond scrupuleusement aux engagements pris auprès de la mairie, vous évitant ainsi des litiges coûteux ou des remises en conformité impossibles. Déléguer cette vérification à un expert, c'est s'offrir la tranquillité d'esprit pour les dix prochaines années.


Anecdotes et cas concrets


Le cauchemar de la vente annulée

" Un client particulier avait construit une extension sans déposer de DAACT. Dix ans plus tard, lors de la vente, le notaire de l'acheteur a relevé l'absence de certificat de conformité. L'acheteur a pris peur et s'est rétracté, craignant des sanctions. Le client a dû engager une procédure de régularisation en urgence, décalant sa vente de 6 mois et perdant son prix initial."


L'erreur de hauteur fatale

" Un professionnel a réalisé un bâtiment de bureaux. Lors du récolement, la mairie a constaté que l'acrotère dépassait de 20 cm la hauteur autorisée. Faute de conseil technique lors de la DAACT, le bâtiment a été déclaré non-conforme, bloquant le remboursement de la TVA et les subventions régionales. Un permis de construire modificatif a du être déposé pour régulariser la situation suite à ces adaptations d'exécution par l'entreprise qui n'avait pas informé le client."


L'oubli de l'attestation thermique

" Sur un projet de maison individuelle, le propriétaire a déposé sa DAACT seul mais a oublié de joindre l'attestation RE2020 de fin de chantier. La mairie a rejeté le dossier comme incomplet. Pendant ce temps, le délai de 3 mois ne courait pas. Un an après, il pensait être "conforme tacitement" alors que son dossier n'avait jamais été instruit."


Ressources et Références Officielles

logo-architectes-pour-tous-desktop.png

2009-2019 © Adrien Carlier Architecte - Urbaniste

Expert en conception et permis de construire,

optimisation foncière et construction énergétique

Tous droits réservés_ Reproduction interdite

Sailly-sur-la-Lys / Hauts-de-France / France

Tournai / Région Wallonne / Belgique

20150128_130948_logo-rge.jpg
francerenov-jpg.jpg
bottom of page