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La Réglementation Environnementale et Energétique RE2020 : les fondamentaux

  • Photo du rédacteur: Adrien Carlier
    Adrien Carlier
  • 4 avr. 2022
  • 6 min de lecture

Dernière mise à jour : 22 avr.

La transition écologique du secteur du bâtiment est en marche. Pour vous, particuliers et professionnels, comprendre la RE2020 est essentiel pour garantir la conformité et la valeur de votre patrimoine. En tant qu'architecte expert, je vous guide à travers les piliers de cette réglementation ambitieuse.



La réglementation environnementale et énergétique RE2020 : les fondamentaux

L’objectif de la réglementation : préserver l'environnement et le confort des usagers


La RE2020 remplace la RT2012 avec une ambition décuplée : atteindre la neutralité carbone à l'horizon 2050. Contrairement à la RT2012 qui se focalisait sur la consommation d'énergie, la RE2020 intègre l'analyse du cycle de vie (ACV) du bâtiment. L'objectif est double : diminuer l'empreinte carbone de la construction (matériaux et chantier) et garantir un confort d'été optimal face aux canicules de plus en plus fréquentes. On ne parle plus seulement d'isoler du froid, mais de créer des refuges climatiques résilients. Le calcul du coefficient Degré-Heure (DH) devient le juge de paix de votre confort futur.

  • Points clés à contrôler : Indicateur IC Construction (impact carbone), Indicateur IC Énergie, et le seuil d'inconfort estival (DH).

  • Risques : Non-conformité du permis de construire, inconfort thermique majeur en été, et obsolescence rapide du bien à la revente.


Votre projet est-il concerné et quelles sont vos obligations ?


Depuis le 1er janvier 2022, la RE2020 s'applique à toutes les constructions neuves de maisons individuelles et de logements collectifs. Elle s'est étendue aux bâtiments de bureaux, d'enseignement et, plus récemment, aux extensions de petites surfaces. Pour une rénovation énergétique, si le projet est global, on tend vers les critères de la "RE2020 rénovation" (en cours de structuration) ou la RT existant par élément. L'obligation majeure réside dans le dépôt d'une attestation de prise en compte de la RE2020 au moment du dépôt de permis de construire, puis d'une attestation de conformité à l'achèvement des travaux, validée par un contrôleur tiers.

  • Points clés à contrôler : Date de dépôt du permis, surface de référence (Sref), et type d'usage du bâtiment.

  • Risques : Refus de permis de construire, impossibilité d'obtenir le certificat de conformité en fin de travaux, amendes pénales.


Les normes applicables et critères de performances (parois et équipements)


La performance d'un bâtiment RE2020 repose sur des seuils de consommation d'énergie primaire (Cep) et d'énergie primaire non renouvelable (Cep,nr) extrêmement bas. L'enveloppe doit être ultra-performante pour limiter les besoins en chauffage (indicateur Bbio). Cela impose des résistances thermiques (R) élevées : environ R=10 pour les toitures et R=5 pour les murs. Les équipements doivent privilégier les énergies décarbonées. La fin programmée du chauffage exclusivement gaz dans le neuf pousse vers les pompes à chaleur (PAC) ou le biomasse. Une étanchéité à l'air rigoureuse est désormais la norme absolue pour valider les tests d'infiltrométrie.

  • Points clés à contrôler : Valeur du Bbio (besoin bioclimatique), rendement des systèmes de ventilation (VMC double flux), et performance des isolants (certifiés ACERMI).

  • Risques : Surconsommation énergétique, dégradation précoce du bâti par condensation, échec au test d'infiltrométrie final.


La conception bioclimatique et compacité des bâtiments


L'architecture devient le premier levier de performance. Une conception bioclimatique consiste à utiliser l'environnement pour réduire les besoins énergétiques : orientation sud pour les pièces de vie afin de capter les apports solaires gratuits en hiver, et compacité du volume bâti pour limiter les surfaces de déperdition thermique. Un bâtiment compact (proche du cube ou de la sphère théorique) consommera toujours moins qu'un bâtiment étalé avec de nombreux décrochés. L'architecte optimise ici le rapport entre surface habitable et surface de façade, réduisant ainsi les coûts de construction et les factures d'énergie de façon passive.

  • Points clés à contrôler : Ratio de compacité, répartition des vitrages (règle des 1/6ème de la surface habitable), et inertie thermique intérieure.

  • Risques : Besoin de chauffage excessif, coût de construction élevé par m², manque de luminosité naturelle.


Aménagements extérieurs et protections solaires


Dans le cadre de la RE2020, les aménagements extérieurs ne sont plus seulement esthétiques ; ils sont fonctionnels. Les protections solaires (brise-soleil orientables, pergolas bioclimatiques, volets isolants) sont indispensables pour limiter le recours à la climatisation, qui est fortement pénalisée par la réglementation. La végétalisation des abords et l'utilisation de matériaux à fort albédo (pouvoir réfléchissant) permettent de limiter les îlots de chaleur urbains. L'objectif est de gérer la course du soleil : laisser entrer la chaleur basse en hiver et bloquer le rayonnement vertical intense en été grâce à des casquettes architecturales calculées au centimètre près.

  • Points clés à contrôler : Facteur solaire des vitrages (Sw), automatisation des occultations, et plantation d'essences à feuilles caduques.

  • Risques : Surchauffe estivale invivable (effet de serre), dépendance à une climatisation coûteuse et polluante.


Tableau récapitulatif des critères de performance

Élément

Performance visée (Indicatif)

Équipement recommandé

Murs extérieurs

R ≥ 5.0 m2.K/W

Isolation Thermique par l'Extérieur (ITE)

Toitures / Combles

R ≥ 10.0 m2.K/W

Laine de bois ou ouate de cellulose

Planchers bas

R ≥ 4.0 m2.K/W

Entrevous isolants + rupteurs de ponts thermiques

Menuiseries

Uw ≤ 1.3 W/m2.K

Triple vitrage ou double vitrage thermique renforcé

Chauffage / ECS

Énergie décarbonée

Pompe à chaleur air/eau ou Ballon Thermodynamique

Ventilation

Très basse conso

VMC Simple flux hygroréglable B ou Double Flux


Solutions techniques et optimisation du bilan carbone


Pour optimiser l'indicateur IC Construction, le choix des matériaux est crucial. La RE2020 favorise les matériaux bio-sourcés (bois, paille, chanvre, ouate de cellulose) qui stockent le carbone au lieu d'en émettre lors de leur fabrication. Le béton n'est pas proscrit, mais il doit être utilisé avec discernement (béton bas carbone) et combiné à des structures bois (systèmes constructifs mixtes). L'usage de briques de terre cuite haute performance ou de blocs de béton de chanvre permet d'allier inertie et isolation, offrant un équilibre parfait pour le climat tempéré français.

  • Points clés à contrôler : Fiches FDES (Fiches de Déclaration Environnementale et Sanitaire) des produits, origine des bois (PEFC/FSC).

  • Risques : Dépassement du seuil carbone maximal autorisé, difficultés d'approvisionnement, sinistralité si mise en œuvre mal maîtrisée.


Solutions techniques "clés en mains"

Solution

Structure / Façade

Isolation

Énergie & Confort

1. La Traditionnelle Nord

Brique apparente

Laine de roche (doublage)

PAC Air/Eau + Plancher chauffant

2. L'Éco-Bois

Ossature Bois (Mélèze)

Fibre de bois + Paille

Poêle à granulés + Ballon thermodynamique

3. La Contemporaine Mixte

Béton banché + ITE

Polystyrène graphité

VMC Double Flux + Brise-soleil

4. La Bio-sourcée

Bloc Béton de Chanvre

Enduit chaux/sable

Chaudière biomasse (granulés)

5. Le Collectif Bas Carbone

Structure Poteaux-Dalles

Murs à ossature bois

Chauffage urbain ou PAC collective


Le réemploi des matériaux : la solution d'avenir


Le réemploi consiste à utiliser des matériaux issus de déconstructions sans transformer leur état (contrairement au recyclage). C'est le levier le plus puissant pour faire chuter l'impact carbone d'un projet, car le matériau "pèse" 0kg de CO_2 dans le calcul RE2020. Qu'il s'agisse de briques anciennes nettoyées, de parquets de récupération ou de sanitaires de seconde main, le réemploi demande une expertise en diagnostic ressources. C'est une démarche éthique qui apporte un cachet unique à votre projet tout en préservant les ressources naturelles.

  • Points clés à contrôler : Assurabilité des matériaux de réemploi, traçabilité, et tests de performance résiduelle.

  • Risques : Refus des assurances (décennale), coûts de main-d'œuvre pour la dépose soignée, hétérogénéité esthétique.


Logements passifs et autonomie : l'horizon 2030 ?


Le logement passif (standard Passivhaus) anticipe déjà les futures étapes de la RE2020. Il repose sur une isolation telle que le système de chauffage devient quasi facultatif. L'étape suivante est le bâtiment autonome (ou à énergie positive - BEPOS), qui produit plus d'énergie qu'il n'en consomme grâce au photovoltaïque ou à la géothermie. En investissant dès aujourd'hui dans ces standards, vous vous protégez contre l'explosion des coûts de l'énergie et garantissez une valeur verte maximale à votre bien sur le long terme.

  • Points clés à contrôler : Étanchéité à l'air n50 0.6, récupération de chaleur sur air extrait (> 80%), autoconsommation solaire.

  • Risques : Surcoût initial (10 à 15%), nécessité d'une grande rigueur d'exécution des entreprises.


Le rôle de l'Architecte


La RE2020 n'est pas qu'une contrainte technique, c'est une opportunité de mieux bâtir. La complexité des calculs et la transversalité des choix (entre structure, énergie et confort) rendent l'accompagnement par un architecte expert indispensable. Mon rôle est de transformer ces obligations en atouts conceptuels, de vérifier la santé financière et les qualifications des entreprises (RGE obligatoire), et d'assurer la cohérence entre le design et la performance. Faire appel à un architecte, c'est s'assurer que votre investissement ne sera pas obsolète dès demain.


Anecdotes et cas concrets :


Le "Sauvetage" Thermique

" Un client souhaitait une maison "toute vitré" au sud sans protection. L'étude RE2020 montrait une température intérieure de 35°C dès le mois de mai. En intégrant des casquettes béton et des brises soleil orientables, nous avons réduit le DH de 60% sans changer l'esthétique."


L'Erreur d'Assurance

" Lors d'une analyse de devis, j'ai détecté qu'une entreprise de maçonnerie n'était pas couverte pour la pose d'isolants biosourcés (paille). Sans cette vérification, le client aurait perdu sa garantie décennale en cas de sinistre."


L'Optimisation Budgétaire

" Sur un projet dans le Nord-Pas-de-Calais, le passage d'une structure brique traditionnelle à une structure bois avec réemploi de briques de parement a permis de respecter le seuil carbone 2025 tout en économisant 12 000€ sur le poste chauffage."


Références officielles pour approfondir :

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2009-2026 © Adrien Carlier Architecte - Urbaniste

Expert en conception et permis de construire,

optimisation foncière et construction énergétique

Tous droits réservés_ Reproduction interdite

Sailly-sur-la-Lys / Nord (59) Pas de Calais (62) / France

Tournai / Région Wallonne / Belgique

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